Comparatif compact/reflex (1/2) : le bla-bla
Par Lionel le samedi 17 mars 2007, 10:16 - Technique photo - Lien permanent
Niveau débutant à avancé
Il existe sur le marché trois grandes catégories d'appareils : les compacts,
les bridges et les reflex.
Les compacts sont les appareils les plus, euh, compacts et ceux présentant le
plus grand choix de modèles.
Les reflex sont les plus volumineux et sont basés sur un système d'optiques
interchangeables. Entre les deux les bridges sont plus compacts que les reflex,
ils en reprennent volontiers la disposition des commandes mais leur optique
n'est pas interchangeable et leur capteur est plus proche de ceux des compacts
(et ont les mêmes limitations).
Mise à jour (17/09/2010) : Cet article commence un peu à dater et une quatrième catégorie d'appareils est apparue : les compacts à optiques interchangeables que j'appelle plutôt les hybrides.
Contenu de l'article :
- "Pourquoi acheter un appareil reflex ?"
- "Quel est le meilleur appareil photo ?"
- Le prix
- L'ergonomie
- Les fonctionnalités
- Les optiques
- La profondeur de champ
- La qualité d'image
Suite du comparatif ici.
"Pourquoi acheter un appareil reflex ?"
Deux raisons essentielles : pour avoir une meilleure qualité d'image et pour
avoir un matériel évolutif, les reflex étant souvent au centre d'une nébuleuse
considérable d'accessoires et pouvant être compatible avec des optiques
établies depuis de nombreuses années.
On peut aussi se sentir limité par le faible contrôle sur l'image si on a un
appareil compact. Un appareil reflex permet, en plus du fonctionnement
automatique, d'intervenir directement sur les paramètres de base de la
technique photo.
Je n'ai pas l'intention de reprendre ici ces bases, vous les trouverez par
exemple dans les liens de la deuxième partie de cet article.
"Quel est le meilleur appareil photo ?"
Il n'y a pas d'appareil universel. On peut espérer qu'un appareil corresponde à ses besoins mais il faut d'abord arriver à les cerner. Les principaux critères sont le prix, les contraintes de taille et de poids (et d'ergonomie qui en découlent), et l'utilisation que l'on souhaite en faire (spécifique ou polyvalente).
Le prix
Les systèmes reflex étant basés sur des accessoires interchangeables, le
prix dépend essentiellement des optiques que l'on souhaite utiliser. L'éventail
est très large et pour avoir une bonne qualité et une grande polyvalence, le
prix du boîtier devient presque secondaire. Surtout que lorsque les évolutions
de la technologie vous donneront envie de faire progresser votre matériel, seul
le boîtier sera à changer, les optiques restent quant à elles des
investissements lourds (si on cherche la qualité) mais perdant peu de valeur en
comparaison. Et il est toujours possible de s'équiper petit à petit.
Si votre idée est de n'avoir qu'un boitier et une optique polyvalente, voire
deux pour avoir de plus longues focales, le prix peut-être beaucoup plus léger
en prenant des optiques d'entrée de gamme (mais pas forcément mauvaises).
Toutefois cela sera plus cher qu'un bridge, à gamme de focale équivalente. Les
compacts sont quant à eux bien moins chers mais leurs performances sont
limitées.
L'ergonomie
C'est à mon avis un des critères les plus importants à prendre en compte,
bien que l'on puisse (et doive) s'adapter à la présentation particulière des
commandes de chaque appareil.
Le premier contact avec un appareil est visuel, on le trouve beau ou pas, cela
peut avoir son importance, surtout pour frimer. Le second est la prise en main,
guidée par la profondeur de la poignée, le toucher du matériau et le
poids.
Les compacts au sens strict n'ont la plupart du temps pas de poignée, seulement
des enfoncements ou extrusions sur lesquels placer les doigts. Il faut dire que
leur petite taille rend impossible de les prendre à pleine main, et leur faible
poids ne rend pas la présence de poignée indispensable.
Les bridges ont eux une poignée, car leur design est calqué sur les reflex,
mais en miniature, à tel point que cette poignée n'est parfois que vaguement
utilisable.
Un appareil lourd tirera sur le dos ou la nuque mais sera plus stable au
déclenchement qu'un appareil léger, sans compter la "qualité ressentie" plus
importante.
La disposition des commandes en elle-même est très différente selon le type
d'appareil. Les compacts et bridges, du fait de leur petite taille et de leur
pré-destination à fonctionner souvent en automatique, ont tendance à les
enfouir dans les méandres des menus de réglage. Au contraire, plus on monte en
gamme dans les reflex plus les fonctions usuelles ont leur propre commande sur
le boîtier. Et le relativement grand nombre de boutons ne devient pas signe de
complexité mais au contraire de simplicité d'usage au quotidien.
Les fonctionnalités
Paradoxalement, c'est chez les compacts que l'on trouvera le moins d'accès
aux paramètres photographiques et le plus de technologies innovantes (détection
de visages, transfert sans fil, impression directe...) destinées à se
généraliser, surtout dans le but de faciliter les prises de vues pour les
débutants et diminuer le taux de photos ratées.
Les compacts évolués (comprendre avec accès aux paramètres photographiques)
sont de plus en plus rares.
Les bridges conservent des compacts cet étalage technologique couplé à un plus
grand accès aux paramètres photographiques que l'on retrouve plus volontiers
sur les reflex. Ce sont à tout point de vue des appareils intermédiaires.
Compacts et bridges ont en commun, du fait de leur conception, la capacité à
enregistrer des vidéos et à cadrer sur l'écran. Les reflex commencent à s'y
mettre (Olympus et Canon).
Ils permettent aussi, en plus de la visée, d'afficher en temps réel un
histogramme, très utile pour affiner l'exposition (article sur l'histogramme).
Les reflex quant à eux, ne doivent aux catégories précédentes pratiquement que
les programmes automatiques spécifiques (paysage, portrait, sport...), et les
évacuent en montant en gamme.
Le haut de gamme se distingue, en plus d'un accès complet à tous les paramètres
de prise de vue, par la présence de moyens de contrôle plus évolués (affichage
de l'histogramme par couleur...), de meilleures performances en mise au point
(nombre de points de mesure, rapidité) ou en exposition, et une meilleure
construction (tout métal, étanchéité...).
Les poussières
Les reflex numériques ont comme principal inconvénient leur sensibilité aux
poussières se déposant sur leur capteur à chaque changement d'optique. Il en
résulte des tâches sombres apparaissant dans les zones unies à petite
ouverture.
En argentique cette sensibilité était la même mais les poussières se déposaient
sur le film qui se déroulait au fur et à mesure. Les constructeurs mettent en
oeuvre diverses techniques pour se débarasser de ces poussières, avec pour
l'instant plus ou moins de succès (article de Macandphoto).
Les compacts et bridges sont à l'abri des poussières sur le capteur (à moins
d'en avoir depuis leur montage en usine) mais l'infiltration dans l'optique est
toujours possible.
Format RAW
Le format Raw est une fonctionnalité qui devient rapidement indispensable au
photographe enthousiaste en lui permettant de tirer le maximum de ses
images.
Très peu de compacts peuvent sortir des fichiers Raw (uniquement dans le haut
de gamme) alors que les bridges en sont le plus souvent capables, pour
accentuer encore leur ressemblance avec les reflex.
La décision récente de Canon de ne pas offrir le format Raw sur son compact
haut de gamme G7 (contrairement à ses prédécesseurs) est informative au sujet
de la segmentation du marché voulue par les constructeurs.
Plus de détails dans cet
article.
Evolutivité
On peut souhaiter faire évoluer son appareil, les possibilités en sont très
variables selon l'appareil.
Certains accessoires sont communs à tous les types d'appareils (étuis, sacs,
batteries, chargeurs, cartes mémoires, télécommandes, monopodes ou trépieds),
d'autres sont réservés à certains.
La plupart des compacts et bridges ont une gamme de compléments optiques
étendant la couverture de leur zoom, la plupart des compacts ne peuvent
recevoir de flash supplémentaire.
Les reflex sont eux toujours au centre d'un grand ensemble d'accessoires, au
point de parfois être vendus nus, boîtier seul.
Il existe de nombreux modèles de flashs, depuis les modèles fixes aux modèles
orientables, pilotables à distance, flashs pour la macro, le studio et
autres.
L'accessoire par excellence est l'optique, au moins aussi importante que le
boîtier pour déterminer la qualité de l'image.
Les optiques
Si l'optique de base est de nos jours le zoom, il y a de nombreux types de
focales fixes, essentiellement destinées à des utilisations spécifiques, elles
sont de gamme plutôt supérieure. Pour l'amateur, la principale optique fixe (et
la plus abordable) est le 50 mm, focale standard du format 24x36, devenant à
l'ère du numérique un petit téléobjectif à grande ouverture, très à l'aise pour
les portraits en lumière ambiante.
La compatibilité d'un reflex avec les optiques de même marque peut être assez
variable. Cela peut être compatible ou non, ou bien induire des limitations, au
niveau de la mesure de lumière ou de la visée à diaphragme réel. Cela signifie
que le diaphragme n'est pas maintenu ouvert pendant la visée puis refermé à la
valeur sélectionnée par l'appareil lors de la prise de vue.
Il existe des bagues d'adaptation permettant de monter des optiques anciennes
sur un appareil récent (avec parfois comme limitation de ne plus pouvoir faire
la mise au point à l'infini, la bague d'adaptation se comportant comme une
bague-allonge, voir ci-dessous), voire de monter sur un boîtier une optique de
marque différente. Un petit tour d'horizon s'impose (focales données en
équivalent 24x36).
- Fish-eyes. De 8 à 16 mm, leur champ est sphérique (les
lignes droites apparaissent courbes) et supérieur à 180°.
Zooms très rares (Tokina 10-17 mm, Pentax 10-17 mm (le même ?) et 17-28 mm).
Le constructeur Belarus Peleng fabrique des fish-eyes bon marchés et universels (par bague adaptatrice), des détails ici et là (liens en anglais). - Ultra grand-angles. De 14 à 24 mm, leur angle de champ
provoque de fortes distortions de perspectives s'ils sont utilisés près du
sujet ou s'ils ne sont pas horizontaux.
Les zooms ultra grand-angulaires deviennent assez communs et (parfois) abordables. - Grand-angles. De 24 à 35 mm, ils apportent de l'espace quant on manque de recul sans trop déformer la perspective.
- Standard. Autour de 50 mm, se serait la vision la plus
proche de celle de l'oeil, sans déformation ni tassement de perspective.
Cette focale est couverte par tous les zooms des compacts et bridges, et par tous les zooms fournis en kit avec les reflex. - Téléobjectif. De 70 à 1200 mm.
Je me suis arrêté à 1200 mm car au delà cela devient très rare, on entre dans le domaine de l'astronomie et des télescopes. Le prix devient aussi astronomique. - Macro. En dehors des zooms ayant des capacités macro
(c'est à dire à faire une mise au point très rapprochée), les optiques fixes
macro sont axées sur trois gammes de focales : 50-70 mm, 90-100 mm et 150-180
mm.
La macrophoto se réalisant à faible ouverture (pour maximiser la profondeur de champ), les longues focales sont d'un usage délicat.
Ce sont, avec les gros téléobjectifs (du genre 300 mm f/2,8) les optiques les plus performantes dans l'absolu (piqué, absence d'aberrations). - Téléobjectif à miroir. De 500 à 1000 mm, c'est un petit
télescope doté d'une baïonette photo, son intérêt est de conserver un faible
encombrement pour une longue focale, mais ils n'ont pas d'autofocus.
Leur prix est généralement raisonnable. - A bascule et/ou décentrement. Ce sont des optiques très
spécialisées, mettant à disposition des reflex des caractéristiques empruntées
aux chambres photographiques de grand format.
Le décentrement (de l'optique sur son axe) permet de corriger la perspective en prises de vues d'architecture, la bascule permet d'incliner le plan de netteté pour obtenir un effet de grande profondeur de champ à pleine ouverture ou un effet de faible profondeur sur un grand sujet (effet modèle réduit). Une explication par Arnaud Frich. - Multiplicateurs de focale. Multiplient la focale (!) d'un téléobjectif par 1.4 ou 2, et font perdre autant de lumière.
- Bagues-allonges. Ce ne sont pas des optiques proprement
dites, mais des tubes s'intercalant entre le boîtier et l'optique (cela allonge
le tirage optique), raccourcissant la zone de mise au point (cela rapproche
l'infini optique) et augmentant le grossissement. Ce sont les compléments
naturels d'un zoom standard pour lui donner des capacités macro, ou bien pour
étendre le grossissement d'un objectif macro.
Les bagues-allonges ont pour longueurs standard 12.5, 25 ou 50 mm (elles sont combinables), au-delà il faut passer au soufflet, dont le tirage est variable. Il est parfois utilisé en conjonction d'une optique inversée (un 50 mm vissé par le porte-filtre).
Les bagues-allonges récentes sont pourvues de contacts électriques permettant la pré-selection du diaphragme et parfois la mise au point automatique, ce n'est pas le cas des soufflets, outil de spécialistes.
Un petit détour par les filtres, la quasi-totalité des optiques pouvant en
recevoir (sauf les très grand-angulaires, ou les longs téléobjectifs, qui ont
parfois un porte-filtre arrière, au niveau de la baïonette).
Le numérique permettant de nombreuses manipulations d'image, les filtres ont
perdu de leur utilité, sauf dans certains cas :
- Polarisant, pour atténuer les reflets
- Gris neutre pour utiliser de grandes ouvertures ou de longs temps de pose en pleine lumière
- Dégradé pour densifier le ciel ou atténuer l'écart de luminosité avec le sol
- Neutre ou UV, pour protéger la lentille frontale des optiques
La profondeur de champ
Il y a à retenir que plus un capteur est petit, plus la profondeur de champ
à paramètres identiques (distance du sujet et diaphragme) est grande.
Cette grande profondeur de champ a ses bon côtés. Par exemple, une mise au
point râtée (faite sur le fond plutôt que sur un personnage) aura des effets
moins néfastes sur un compact que sur un reflex. La photo de paysage se trouve
facilitée, ainsi que la macro où la profondeur de champ fait presque toujours
défaut.
A l'inverse, les situations où l'on souhaiterait une profondeur de champ
faible, typiquement en portrait, sont désavantageuses pour les compacts.
La qualité d'image
La qualité de l'image dépend directement de la qualité de l'optique et de la qualité du traitement effectué par l'appareil pour former l'image à partir des valeurs brutes issues du capteur (voir l'article : l'image numérique).
Le bruit
Une chose est sûre, à technologie et résolution identiques, le capteur le
plus grand présentera le moins de bruit. Tout simplement parce que les
photosites du capteur auront une surface plus grande et recevront plus lumière.
Sur un petit capteur, la plus faible quantité de lumière par photosite oblige
l'électronique a avoir un gain plus fort, ce qui fait ressortir le bruit.
Ensuite, le logiciel embarqué essaie de limiter la montée du bruit, avec plus
ou moins de succès.
En augmentant le réglage de sensibilité de l'appareil, on augmente le réglage
du gain en sortie de capteur et le bruit augmente à son tour.
Les performances d'un appareil au niveau du bruit dépendent donc de trois
paramètres : la taille du capteur, sa technologie (selon leur fabrication les
capteurs sont plus ou moins sensibles au bruit), et la qualité du logiciel de
traitement.
Parmi ces paramètres, c'est à l'heure actuelle la taille le plus important et
en règle générale un compact présentera plus de bruit qu'un réflex, avec le cas
marginal d'un très bon compact pouvant être meilleur sur ce point qu'un très
mauvais reflex.
Les procédés de lutte contre le bruit se limitent pour la photo courante à un
filtre logiciel lissant l'image. La tendance à l'accroissement du nombre de
photosite peut faire sombrer la photo à haute sensibilité (crépuscule,
intérieur...) dans des excés rappelant des techniques de peinture : sans
filtrage l'image semble pointilliste et avec lissage elle peut sembler une
aquarelle. Quand ce n'est pas désiré, cela peut être fâcheux.
Les aberrations
Parmi les aberrations et distortions, on trouve :
- l'aberration de sphéricité, mise en évidence en comparant le piqué au centre puis en périphérie de l'image
- les aberrations chromatiques, franges colorées qui apparaissent sur les zones à fort contraste et sur la périphérie des images (article)
- le vignettage, assombrissement des coins de l'image (article)
- les distortions géométriques, déformations de l'image en coussinet ou barillet (article)
Les lois de l'optiques indiquent qu'une lentille ne peut parfaitement
focaliser sur une surface que pour une longueur d'onde donnée. Pour étendre
l'efficacité à tout le spectre visible il faut faire appel à des lentilles
supplémentaires. Il faut en ajouter pour avoir une mise au point variable et
encore pour avoir une focale variable. Le nombre de lentilles nécessite des
traitements anti-reflets des surfaces pour limiter les pertes de lumière, les
éléments doivent être assez gros pour permettre une grande ouverture de
diaphragme mais pas trop pour ne pas être trop encombrants ni coûteux.
On comprend que les optiques soient donc des compromis entre les performances
et les aspects pratiques et financiers.
Il en découle que toutes les optiques présentent des défauts, plus ou moins
selon le domaine et sa gamme. Par exemple le zoom Canon EF 24-105 f/4 L
présente un bon piqué au prix d'un vignettage et de distortions géométriques
assez élevés, mais faciles à corriger en numérique.
Les optiques des compacts, en plus de la question du prix doivent être
miniaturisées à l'extrême (moins que pour un téléphone mobile c'est toujours
ça), et surtout pour les bridges avoir une grande amplitude.
Dans ces conditions on ne peut pas en attendre les mêmes résultats qu'avec des
optiques de reflex.
