Le système Micro Quatre Tiers

Ce nouveau système est destiné à créer une nouvelle catégorie d'appareils, impatiemment attendue par les amateurs "experts" selon les dénominations commerciales en vigueur, située entre les compacts et les reflex (non, ce ne sont pas de nouveaux bridges), avec optiques interchangeables.
Le Micro 4/3 est basé sur le 4/3 reflex (mêmes capteurs) mais en supprimant le miroir et avec une nouvelle baïonnette de profondeur réduite.

m4/3 Structure

Elle est plus petite (44 mm contre 50 en diamètre) et surtout la distance baïonnette-capteur est bien plus faible (20 mm contre 40).

m4/3 Baïonnette

Ce système serait compatible avec le 4/3 à l'aide d'un simple adaptateur, permettant de compenser la différence de diamètre de la monture et de remettre l'optique à la distance au capteur du 4/3.

m4/3 Compatibilité

Un dernier point important : ce format semble développé pour intégrer la vidéo à l'appareil photo, sans la limiter comme dans la plupart des appareils photo compacts ni dégrader la qualité des images fixes (photos prises avec un caméscope).
En ces temps d'éclosion de la vidéo HD, cela semble être une qualité non négligeable. Le rapport de proportion d'image ne sera plus fixé à 4/3 comme chez Olympus actuellement, (la HD implique le 16/9 et le logo Micro 4/3 est en 16/9) il sera vraisemblablement modifiable comme sur les Lumix Panasonic (reflex compris) : choix du ratio 4/3, 3/2 ou 16/9.

Une analyse

Tout l'intérêt est bien sûr de pouvoir concevoir des appareils plus petits, un des arguments primordiaux du système 4/3, pratiquement perdu en cours de route. Si les reflex E-4X0 sont effectivement petits, le premier à être sorti, l'E-1 (que je possède) demande de grandes mains et l'E-3, son successeur, est encore plus grand. Il en va de même avec les optiques, le 7-14 a beau être une merveille, il est aussi gros et lourd qu'un 17-55 f/2.8 ou un 24-70 f/2.8.
Dans l'esprit, cela pourrait présager l'arriver d'équivalents numériques aux Hexar RF et Contax G qui m'ont fait rêver il y a une dizaine d'années, ou bien sûr d'un Leica M8 enfin abordable.
Dernièrement, Olympus a sorti une optique "Pancake", un 25 f/2.8 qui comme tous les pancakes est d'une compacité remarquable.

m4/3 Pancake 25
Image © DPReview

Ce genre d'optique peut très bien s'accommoder d'un boîtier de taille réduite pour une solution peu encombrante, c'est le positionnement de l'E-420 pouvant être fourni avec ce pancake en kit.

Cette annonce veut ouvrir la voie d'une troisième catégorie d'appareils numériques, sortes de compacts à optiques interchangeables et à grand capteur. Une catégorie d'appareils attendue par les amateurs experts comme le messie et ayant fait des apparitions ratées de temps à autres. Le Leica M8 est hors de prix, le Sigma DP-1 n'a pas d'optique interchangeable et est largement perfectible. Les différents compacts haut-de-gamme pêchent toujours par la sensibilité au bruit de leur petit capteur.
Le fait que ce système soit positionné comme non-professionnel et non-débutant est pour moi un facteur d'espoir, on risque moins de se retrouver avec un ensemble disproportionné, du genre une construction irréprochable, une image de qualité mais pas de tropicalisation et 153 programmes résultats pour ceux qui sont allergiques au PASM, accompagnés d'une vingtaine de pages de menu pour pouvoir régler le volume du faux bruit de déclenchement (mais non je ne pense pas au G9). Et pour un prix délirant.

Je copie-colle la reflexion de l'article de Techno-Science, qui résume bien le positionnement du m4/3 :

Il s'agit cependant d'une avancée qui pourrait chambouler le marché naissant des compacts "pro". Ce type d'appareil avait connu un premier age d'or au début des années 2000 où ils servaient d'ersatz de Reflex auprès d'une clientèle exigeante mais ne souhaitant pas dépenser plus de 1000 €. Depuis quelques années, une nouvelle demande est apparue. Il s'agit de propriétaires d'appareils photo reflex souhaitant disposer d'un appareil de taille modeste et facile à transporter mais offrant une bonne qualité d'image et des fonctionnalités haut de gamme.
Jusqu'ici, l'approche la plus communément admise est celle d'un "appareil compact amélioré" disposant d'un capteur de taille modeste et d'un zoom. A l'inverse, Sigma s'est lancé dans la fabrication d'un appareil compact à capteur de reflex, le Sigma DP-1, qui est équipé d'une focale fixe. Il est cependant intéressant de constater que Panasonic est à la fois présent sur les deux terrains: la firme a en effet annoncé récemment le très sérieux compact Lumix Lx-3 tout en étant partie prenante dans la nouvelle norme "micro quatre tiers".

Il sera intéressant de voir la réaction de Sigma, constructeur faisant partie du groupe Quatre Tiers, face à ce format concurrençant son DP-1, et celle de Leica par rapport à ses versions des appareils Panasonic, dont les reflex 4/3.

Pour me faire plaisir, un petit résumé :

Pour


  • la compacité
  • la qualité d'image et les fonctionnalités visées (en clair la polyvalence)
  • la réponse à une demande du marché : les compacts ne sont pas assez sérieux et les reflex trop gros
  • la compatibilité avec les optiques 4/3

Contre


  • encombrement réduit mais pas assez pour vraiment servir de bloc-notes (ce sera le rôle des photophones, non ?)
  • cible marketing réduite (amateurs experts ne voulant pas frimer avec un gros appareil :-) )
  • le prix ? A voir le prix appareils Panasonic ciblés "amateurs experts", on peut avoir peur.

Rappel : Le système Quatre Tiers

Le système

Le format 4/3 a été annoncé à la Photokina 2002 par Olympus et Kodak. Le format recouvre une taille de capteur (circuit d'une taille de quatre tiers de pouce, ce ne sont pas les proportions de l'image), une monture et un système de communication entre le boîtier et l'optique. Cela définit un système ouvert, garantissant qu'un boîtier d'une marque fonctionnera avec les optiques d'une autre.

Les acteurs

Suite à l'annonce de 2002, de nouveaux partenaires se sont greffés au groupe Quatre Tiers.

  • Olympus : concepteur originel du système et centre actuel du groupe, possède une gamme complète de boîtiers et d'optiques
  • Kodak : partenaire originel, fournisseur des premiers capteurs CCD, remplacés depuis par les NMOS de Panasonic
  • Panasonic : second pôle actuel du système avec Olympus. Luc St Elie précise que dans les reflex 4/3 actuels, Olympus fournit la mécanique et Panasonic l'électronique. Panasonic possède sa propre gamme de boîtiers et ses optiques sont marquées par Leica
  • Leica : associé depuis 2001 à Panasonic dans la photo numérique, après avoir lâché Fujifilm. Ses boîtiers sont des Panasonic rebadgés au prix fort, la coopération technique permet d'apposer la marque Leica sur les optiques conçues et fabriquées par Panasonic
  • Sigma : fournit une partie de sa gamme grand public d'optiques au format 4/3
  • Sanyo : constructeur généraliste dans la photo, pour de nombreuses grandes marques
  • Fujifilm : semble avoir signé juste au cas où ça marcherait...

Liens


Luc St Elie est un ancien journaliste de magazines photo, au regard affuté sur l'actualité photo et travaillant pour Panasonic. Chez lui on trouve une vision d'ensemble du nouveau système et son positionnement dans le marché :

Je ne sais pas si c'est une véritable révolution qui se prépare (mais c'est le boulot de Luc de nous le dire) ou bien simplement une nouvelle étape de la segmentation du marché de la photo numérique, mais cette annonce a le mérite de réveiller les amateurs endormis par la prédominance de Canon et Nikon sur le secteur.