Randonnée Assistée par GPS
Par Lionel le vendredi 3 octobre 2008, 22:29 - Géomatique - Lien permanent
Mise à jour : ajout d'une méthode alternative de guidage par suivi de trace.
Après divers articles tournant autour du GPS (eXplorist 210, Edition de fichiers
eXplorist, Gebabbel), passons à
la mise en pratique.
Nous allons créer une route à suivre à partir d'une carte papier importée dans
Google Earth puis, après la randonnée, récupérer les points et traces
enregistrés.
Contenu de l'article :
- Matériel nécessaire
- Importation de la carte dans Google Earth
- Traçage de la randonnée
- Création de la route et exportation
Méthode alternative de guidage - Conversion de fichier
- Randonnée
- Récupération et visionnage des données
Matériel nécessaire
- Une carte papier (à scanner) ou sous forme de fichier image
- Un scanner pour transformer les cartes papier en fichier image
- Google Earth, logiciel de base de création et d'affichage de données géographiques
- Gebabbel, logiciel de conversion de fichiers GPS, ou GPSBabel ou le site GPS Visualizer
- Un GPS de randonnée, l'eXplorist 210 dans mon cas
- Du temps libre (beaucoup)
Importation de la carte dans Google Earth
Il y a une première chose à savoir (en plus du fait que Google Earth permet
de superposer des images sur les images satellites), les images importées ont
une taille limite dépendant de la version de Google Earth que vous possédez.
Pour la version de base (gratuite), c'est 2048x2048 pixels. Cette info est
disponible dans le menu A propos de Google Earth en regard de la
mention Taille de texture maximale.
L'image de la carte à afficher ne devra dépasser cette taille, sinon elle sera
floutée. Par contre, il est possible d'afficher autant de superpositions que
l'on souhaite (jusqu'à la mort de l'ordinateur). Il suffira de diviser le
fichier en fragments de taille inférieure à 2048x2048 pixels et de les
assembler ensuite dans Google Earth. Pour plus de facilité, les fragments
seront découpés de manière à se chevaucher, cela permettra un assemblage
précis.
Allons-y.
J'ai scanné une brochure provenant d'un Office de Tourisme. Etant de petite
taille, la carte n'a pas besoin d'être fragmentée, ça simplifiera les
opérations.
- On commence par afficher dans Google Earth la zone approximative
d'affichage de la carte, en conservant le Nord en haut (un clic sur le N de la
boussole) et en désactivant le relief (décocher la case
Reliefdans la colonne de gauche, dans la rubriqueInfos pratiques) et en activantRoutes. - On choisit d'ajouter une superposition d'image en faisant un clic droit sur
un élément de la liste
Lieuxde la colonne de gauche, ou en cliquant sur le cinquième bouton de la barre d'outils, le dernier marqué avec un +.

- On se retrouve avec cette boîte de dialogue sous les yeux :

- On donne un nom à la superposition puis on va chercher le fichier image en cliquant sur "Parcourir". On peut alors pousser cette boîte dans un coin (sans la fermer) pour apercevoir ceci :

- La carte apparaît entourée de poignées vertes qui permettront de la
redimensionner afin de la faire correspondre avec le terrain.
La croix centrale permet de déplacer l'image, les coins de redimensionner dans deux directions et les poignées situées au milieu des côtés à redimensionner dans une seule direction. Le losange permet de pivoter l'image, il est prudent de ne pas y toucher si la carte et Google Earth ont le Nord en haut. - Pour ajuster la carte avec précision, il faut la rendre transparente avec la commande d'opacité de la boîte de dialogue (vers 50%) puis superposer les routes de la carte avec les routes de Google Earth.
- Le plus simple est de placer d'abord approximativement le centre de la
carte puis finement un coin (en zoomant) et terminer avec le coin dans la
diagonale opposée.
Terminer est vite dit, il faudra probablement faire de nombreux ajustages et accepter des zones mal superposées, à choisir selon les zones d'intérêt.
Recommencer pour chaque portion de carte si elle en comporte plusieurs.
Si la carte est bien positionnée, les routes se superposant bien, il est temps de passer à l'étape suivante.
Traçage de la randonnée
Cette étape est facultative mais permet de récupérer individuellement les
circuits présents sur une carte. Les tracés étant modifiables (en choisissant
Obtenir des infos après un clic-droit) on pourra ensuite les
améliorer en les superposant à des cartes plus précises (les cartes d'offices
de tourisme sont parfois très approximatives).
- Un clic sur le quatrième bouton de la barre d'outils (voir deux images
au-dessus), et une boîte de dialogue semblable à la précédente apparaît.
Il suffit de cliquer sur chaque virage pour copier le tracé.

- La présentation du tracé est ajustable dans l'onglet
Apparence.
Pour modifier le tracé, un clic-droit sur son nom, on choisitObtenir des infoset les points sont déplaçables à volonté.
Création de la route et exportation
- La route est créée en plaçant des waypoints aux points stratégiques du circuit, c'est à dire les grands changements de direction, les croisements. Il est important de bien placer le point suivant une intersection, car il indiquera la direction à suivre (eh oui).

- Si le chemin à suivre est bien tracé (comme une piste carrossable en
forêt), il n'est pas utile de marquer chaque virage mais uniquement la
direction générale. Cela permet de réduire le nombre de points nécessaires pour
décrire la route.
Par exemple, l'explorist 210 est limité à 50 points par route, cela rend problématique la création de routes VTT supérieures à 30 km et demande une grande simplification du tracé. - La route est exportée par un clic-droit sur le dossier contenant les points
et en choisissant
Enregistrer le lieu sous...en précisant le formatKML.
Méthode alternative de guidage
Vous allez me dire : "On a déjà tracé le parcours, pourquoi ne pas utiliser
cette trace plutôt que de se contenter des 50 points de la route ?"
Vous avez raison, de plus il est possible de suivre une trace enregistrée
(jusqu'à 2000 points donc).
Mais il y a un mais, l'eXplorist 210 ne permet pas d'enregistrer une trace
pendant qu'il en suit une autre. Personnellement, c'est surtout
l'enregistrement qui m'intéresse, plus que le nombre de points de
guidage.
Heureusement, une astuce permet de forcer l'explorist à enregistrer une trace
tout en en suivant une autre :
- Choisir la trace à suivre dans le dossier
Track Logset l'activer (choisirSuivre la trace). L'appareil affiche fièrement que l'enregistrement de l'historique de trace est désormais inactif. - Revenir à l'écran
Trace activeet choisirReprendre l'enregistrement. - L'explorist suit la trace indiquée et enregistre maintenant le parcours réel, les deux traces s'affichant à l'écran.
Cette méthode permet d'éviter l'étape de création de la route et permet de
gagner encore plus temps en rendant possible l'utilisation de traces
téléchargées sur des sites spécialisés (vous en trouverez ici), ne nécessitant la plupart du temps qu'une simple
conversion dans le format de trace de l'explorist.
Il y a cependant quelques inconvénients : il n'est pas possible comme pour les
routes de choisir un segment manuellement pour commencer une trace ailleurs
qu'à son départ. Cela interdit d'ailleurs d'éteindre l'appareil lors d'une
pose, sinon il faudra se contenter de suivre la trace à l'écran, sans
indications de distance. Un autre inconvénient est qu'il n'est pas possible de
sauter une étape comme avec les routes, l'appareil ne se focalise pas sur le
point le plus proche mais indique obstinément le point que l'on n'a pas
passé.
En résumé, utilisez la méthode de la route si vous avez le temps pour plus de
confort de guidage, utilisez la méthode du suivi de trace si vous manquez de
temps ou de patience pour créer une route, si les 50 points de route ne vous
suffisent pas ou pour utiliser directement une trace téléchargée.
Conversion de fichiers
Le fichier que nous avons créé n'est qu'une liste de waypoints au format KML, il faut le transformer en fichier route compatible avec l'explorist 210.
- Si la liste de points est au format
KMZ(compressé donc), elle ne pourra pas être transformée directement en route par le logiciel de conversion de fichiers GPS. Voici l'astuce permettant de la transformer enKML: il suffit d'ouvrir le KMZ avec un utilitaire de compression pour récupérer le fichierdoc.kmlqui s'y trouve.
L'utilisation du logiciel de conversion de fichiers GPS Gebabbel est
détaillée dans cet article. Vous
pouvez vous y référer pour convertir la liste de waypoints en route.
Le principe est d'indiquer le fichier KML en entrée, le futur fichier route
explorist (magellanx .rte) en sortie et de paramétrer un filtre de
transformation convertissant les waypoints en point de route (filtre
transform avec rte=wpt en option). Il faudra ensuite
compléter les informations du fichier route pour qu'il s'affiche correctement
dans la liste des routes de l'explorist.
Tout cela est détaillé en images dans l'article sus-cité.
Randonnée
- Activez la route sur l'explorist puis marchez/pédalez/roulez/skiez...
Tout cela est déjà bien mais ce n'est que la moitié de ce que permet un GPS. En plus de nous guider, il nous permet de récolter de l'information géographique sur le terrain. Cette information se présente sous la forme de waypoints et de traces.
- Les traces permettent de savoir où on est passés, de connaître la distance parcourue et le profil suivi ainsi que le temps nécessaire pour réaliser le circuit. Ces informations peuvent ensuite se présenter comme cela :
- Il faut tenir compte de la capacité de mémoire de l'explorist pour
enregistrer des traces. La précision de l'enregistrement est à moduler selon
l'activité, elle est d'ailleurs modifiable en cours d'enregistrement.
Les 2000 points d'enregistrement au maximum ne représentent que 20 km à la précision de 10m, 100 km à 50m et ainsi de suite. En modedétail autoon devrait obtenir environ 500 km pour un trajet en voiture alternant nationales de plaine et départementales de montagne. Plus il y a de virages, plus la distance maximale couverte sera faible. - Si l'enregistrement de trace est une fonctionnalité presque totalement
passive, le relevé de waypoints permet de choisir ce que l'on veut marquer, on
n'est plus dans le témoignage mais dans la récolte.
Personnellement, je marque des points à chaque lieu photographié, aux obstacles (arbre en travers d'un sentier, boue) et éléments du circuit que je trouve intéressants (point de vue), sans oublier les monuments et curiosités diverses qui viendront meubler mon fond de carte. Et aussi l'endroit où j'ai laissé la voiture.
Récupération et visionnage des données
Une fois la randonnée terminée, je me trouve avec un ou plusieurs fichiers de waypoints et un ou plusieurs fichiers de trace.
- Comme toujours avec les données informatiques, la première chose à faire est de réaliser une copie pour augmenter leur chance de survie en cas de problème.
- Gebabbel est à nouveau mis à contribution pour rendre ces données visionnables dans Google Earth. Le format KML pouvant contenir plusieurs types de données, tous les fichiers waypoint et trace sont ajoutés en entrée pour se retrouver dans un seul fichier KML en sortie.
- Les données issues du KML seront organisées dans Google Earth pour les
rendre un peu plus facile à retrouver sans forcément jouer du Pomme-F (ctrl-F
pour la recherche chez les non-pommés).
Voilà comment j'organise cela :

Vivement la prochaine sortie !!!
