Fever Ray - Fever Ray (2009)
Par Lionel le mardi 21 juillet 2009, 11:18 - Musique - Lien permanent

Spotify : Fever Ray
Et aussi Röyksopp, Sonic Youth.
Karin Dreijer-Andersson est une jeune femme charmante mais pas bien dans sa tête. Elle aime bien se déguiser. Ce n'est pas un mal en soi mais son style est plutôt morbide.


J'ai fait sa connaissance en cherchant qui chantait le titre What Else Is There? de Röyksopp. Sa voix fluctuante et acide m'avait frappé, autant que la vidéo aussi jolie qu'incompréhensible.
The Knife
Avant même The Knife il y avait Honey Is Cool,
groupe pop où Karin officiait à la guitare et la voix, et qui a provoqué la
création du label Rabid
Records (voir l'amusante page de
contact) qui publiera The Knife et Fever
Ray.
The Knife est le projet que Karin Dreijer
mène avec son frère Olof Dreijer. Ils se distinguent par une
volonté de non-coopération médiatique en apparaissant masqués et étant absents
aux remises de récompenses. Leurs prestations scéniques, tardives, font une
belle place aux projections et autres installations, à la limite du happening
artistique.
Niveau musique je ne connais que l'album Silent Shout, véritable
hommage à la pédale wah-wah synthèse FM. Les synthés produisent
l'intégralité des sons, percussions incluses, seule subsiste la voix de
Karin, le plus souvent déformée par des machines.
L'ensemble est artificiel, glacial et pesant, paradoxalement séduisant et
addictif.
Fever Ray
C'est en solo que revient Karin Dreijer, et on est loin de
la pop-music nordique sentant bon le sapin, c'est passablement effrayant,
sombre et tribal mais aussi étonnamment moderne, bien que je ne puisse pas
vraiment l'expliquer. Il y a pourtant des racines pop évidentes, enfoncées dans
un humus synthétique rappelant The Knife, mais avec quelque
chose en plus. Les voix sont le plus souvent traitées et transformées,
multipliées et empilées. La différence provient d'autres influences, celles
faisant se percuter sur la vidéo d'ouverture pirogue, aborigène et masques
tribaux avec la taïga suédoise. On trouve des mélodies quasi-tropicales, des
steel drums, des percussions passés tout autant que le reste à la moulinette
synthétique et formant un agglomérat attachant. Sûrement le mariage de la
simplicité de la pop avec la froideur des machines, je dirais que l'on rejoint
parfois un groupe comme Sonic Youth, persistant sous son
bruitisme à aligner des chansons pop.
L'album oscille entre morceaux sombres et d'autres plus aérés, comme
Seven et Now's the Only Time I Know, et se termine avec une
bonne grosse touche de mystère néo-chamanique sur Coconut.
La chronique musicale est le lieu idéal pour créer des étiquettes aussi peu
sensées que grotesques, aussi je qualifierai cette musique
d'electro-pop-zombie. Cela suffira pour un usage local.


Selon les comptes-rendus des concerts, l'ambiance y est très marquée, reprenant le decorum tribal entrevu dans les vidéos pour une performance impressionante.

Commentaires
Très bel album, une des bonnes surprises de cette première moitié 2009 !