Karin Dreijer-Andersson est une jeune femme charmante mais pas bien dans sa tête. Elle aime bien se déguiser. Ce n'est pas un mal en soi mais son style est plutôt morbide.

Karin par Black_MeadowFever Ray par Cleptomanic

J'ai fait sa connaissance en cherchant qui chantait le titre What Else Is There? de Röyksopp. Sa voix fluctuante et acide m'avait frappé, autant que la vidéo aussi jolie qu'incompréhensible.

The Knife

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Avant même The Knife il y avait Honey Is Cool, groupe pop où Karin officiait à la guitare et la voix, et qui a provoqué la création du label Rabid Records (voir l'amusante page de contact) qui publiera The Knife et Fever Ray.
The Knife est le projet que Karin Dreijer mène avec son frère Olof Dreijer. Ils se distinguent par une volonté de non-coopération médiatique en apparaissant masqués et étant absents aux remises de récompenses. Leurs prestations scéniques, tardives, font une belle place aux projections et autres installations, à la limite du happening artistique.
Niveau musique je ne connais que l'album Silent Shout, véritable hommage à la pédale wah-wah synthèse FM. Les synthés produisent l'intégralité des sons, percussions incluses, seule subsiste la voix de Karin, le plus souvent déformée par des machines.
L'ensemble est artificiel, glacial et pesant, paradoxalement séduisant et addictif.

Fever Ray

C'est en solo que revient Karin Dreijer, et on est loin de la pop-music nordique sentant bon le sapin, c'est passablement effrayant, sombre et tribal mais aussi étonnamment moderne, bien que je ne puisse pas vraiment l'expliquer. Il y a pourtant des racines pop évidentes, enfoncées dans un humus synthétique rappelant The Knife, mais avec quelque chose en plus. Les voix sont le plus souvent traitées et transformées, multipliées et empilées. La différence provient d'autres influences, celles faisant se percuter sur la vidéo d'ouverture pirogue, aborigène et masques tribaux avec la taïga suédoise. On trouve des mélodies quasi-tropicales, des steel drums, des percussions passés tout autant que le reste à la moulinette synthétique et formant un agglomérat attachant. Sûrement le mariage de la simplicité de la pop avec la froideur des machines, je dirais que l'on rejoint parfois un groupe comme Sonic Youth, persistant sous son bruitisme à aligner des chansons pop.
L'album oscille entre morceaux sombres et d'autres plus aérés, comme Seven et Now's the Only Time I Know, et se termine avec une bonne grosse touche de mystère néo-chamanique sur Coconut.
La chronique musicale est le lieu idéal pour créer des étiquettes aussi peu sensées que grotesques, aussi je qualifierai cette musique d'electro-pop-zombie. Cela suffira pour un usage local.

Fever Ray par KristiansnFever Ray par ever-dream

Selon les comptes-rendus des concerts, l'ambiance y est très marquée, reprenant le decorum tribal entrevu dans les vidéos pour une performance impressionante.