Vue économique

Selon IDC, en 2010 le marché des appareils à optique interchangeable (reflex et hybrides) se répartissait comme ceci :

  • Canon : 44,5%
  • Nikon : 29,8%
  • Sony : 11,9%
  • Olympus : 5,1%
  • Autres : 8,7%

En ajoutant les compacts, la répartition devient la suivante :

  • Canon : 19%
  • Sony : 17,9%
  • Nikon : 12,6%
  • Samsung : 11,1%
  • Panasonic : 7,6%
  • Kodak : 7,4%
  • Olympus : 6,1%
  • Autres : 18,3%

Si les reflex Nikon se portent bien et progressent par rapport à 2009, il est urgent de contenir la poussée de Samsung et l'envolée de Sony, qui n'est présent dans le secteur des reflex que depuis 2006, certes avec l'expertise de Minolta et Konica.
Devant le succès des hybrides, surtout au Japon, il devient essentiel dans un marché de la photo hyper concurrentiel d'avoir une offre hybride, il ne restait plus pratiquement que les deux leaders des reflex à ne pas avoir investi le secteur, Fuji a annoncé début octobre 2011 vouloir aussi créer son système sans miroir.

Le système Nikon 1

Positionnement

Plutôt que de créer une version sans miroir de leurs reflex d'entrée de gamme, Nikon a préféré suivre la voie du Pentax Q, et ne pas risquer de cannibaliser sa gamme de reflex en ne se basant pas sur un capteur de taille APS-C.
La cible avouée de Nikon est la fameuse tranche des utilisateurs souhaitant un appareil meilleur qu'un compact, mais pas aussi intimidant qu'un reflex, voire une clientèle féminine.

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On se trouve face à un système de taille réduite, raisonnablement évolutif, d'une ergonomie simplifiée (tant qu'on ne veut pas entrer profondément dans les réglages) et d'un facteur mode certain (esthétique travaillée, multiples couleurs). Cela est en apparence proche de la gamme de compacts de la marque, et assez éloigné de la tradition amateur expert/pro maintenue dans les reflex.

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Certains commentateurs se sont alarmés du fait que la taille des boîtiers n'était pas si petite que cela, ceux-ci sont très proches des Nex de Sony malgré leur capteur plus petit.
Si les Nex ont d'entrée été de petite taille, ce n'était pas le cas des Panasonic et Olympus qui y sont venus plus sur le tard, cela aussi avait été le cas des reflex 4/3 d'Olympus. Il ne faut pas oublier aussi qu'un boîtier est fait pour être pris en main, sa taille ne peut pas être diminuée indéfiniment sans faire face à des problèmes ergonomiques. Nikon a souhaité ne pas mettre de grip sur les J1 et V1 pour des raisons esthétiques, alors que Canon s'est senti obligé d'en ajouter un en passant du S95 au S100.
Les optiques sont quant à elles plus petites que les offres équivalentes des concurrents, le bénéfice du petit capteur se retrouvant surtout ici.

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© Engadget

Le capteur

Nikon nomme ses capteurs FX (full-frame) et DX (APS-C), voici venu le capteur CX, mesurant 1 pouce de diagonale, soit 13,2 x 8,8 mm, et offrant 10 millions de pixels. Cette taille est située entre le Micro 4/3 et les plus gros compacts (anciennement 2/3 de pouce, plutôt 1/1,7 pouce actuellement). Cela correspond à un facteur de conversion de focale de 2,7.

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© Clubic

Matériel

Deux boîtiers ont été présentés lors de l'annonce du système :

  • Le J1 (599€ avec le zoom 10-30), avec flash intégré mais sans viseur.
  • Le V1 (799€ avec le zoom 10-30), pas de flash mais un port accessoire pouvant en accueillir un ou un GPS, viseur électronique intégré (SVGA), construction en métal, écran mieux défini (VGA).

On remarque au passage que les prix font très mal, les reflex d'entrée de gamme étant moins chers.
En même temps que les boîtiers étaient présentées les premières optiques :

  • 2,8/10 : pancake, éq. 27 mm
  • 3,5-5,6/10-30 VR : éq. 27-81 mm, rétractable
  • 4,5-5/10-100 VR : éq. 27-270 mm, motorisé et optimisé pour la vidéo
  • 3,8-5,6/30-110 VR : éq. 81-297 mm, rétractable

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Des prototypes d'accessoires futurs ont aussi été montrés à la presse, dont des optiques sans caractéristiques techniques ni estimation de disponibilité, mais avec une jolie finition métallique (comme les Sony NEX), montrant bien où est la priorité de cette gamme. Nikon montre toutefois qu'ils ont l'intention de créer une vraie gamme, du moins quelque chose de moins confus que l'offre de Sony. Les sept prototypes sont :

  • un zoom grand-angle
  • un zoom standard compact
  • un zoom télé
  • un zoom de voyage motorisé
  • un fixe standard de haute qualité
  • un fixe à grande ouverture
  • un fixe télé-macro

A cela s'ajoute des coques colorées avec lanière, des systèmes d'éclairage, un moniteur vidéo ou même un projecteur.

Particularités

Le marketing étant ce qu'il est, ce nouveau système se devait d'arriver avec des fonctions révolutionnaires, en pratique ce sont des modes de prise de vue originaux :

  • 60 images par seconde en mise au point fixe, en JPG, sur 10 secondes au maximum ; 10 images/s en autofocus avec suivi du sujet.
  • Vidéo à 60 image/s en 1080i, 400 images/s en 640x240, 1200 image/s en 320x120.
  • Prises d'images fixes (3840x2160, 16/9) en cours de vidéo.
  • Sélecteur de photo optimisé capturant 20 images avant, pendant et après le déclenchement, proposant une image selon l'expression du sujet, la composition et la mise au point sur cinq sélectionnées.
  • Instant animé associant une photo et une séquence vidéo de 2 secondes au ralenti.

Nikon ayant lourdement insisté sur la rapidité de l'électronique de ses hybrides, c'est ce que nous retiendrons de ces innovations pas vraiment nouvelles (à part l'instant animé, d'une utilité douteuse). Les prochains membres de la famille Nikon devraient profiter de ces entrailles véloces.

Conclusion

Les systèmes Micro 4/3 et Pentax Q sont arrivés en travaillant leur esthétique, ou du moins leur design, tout en se positionnant en équivalents de reflex de milieu de gamme. Sony a lancé ses Nex en visant les possesseurs de compacts candidats à la montée en gamme, puis en les amateurs avertis avec le Nex-7. Nikon semble prendre le même chemin que Sony, ce qui n'est pas étonnant selon leur positions respectives sur le marché. Toutefois Nikon pourrait vouloir conserver une nette différenciation entre ses hybrides et ses reflex, vraisemblablement pour maintenir les fortes marges de ceux-ci. Mais à voir les tarifs proposés sur le système Nikon 1, je pense que les marges ne vont pas être faibles, du moins si le succès est au rendez-vous.
Il y a plusieurs inconnues face aux nouveaux Nikon : d'une part l'acceptation du public qui peut trouver que ce système est une bonne alternative aux hybrides à grand capteur et bien entendu aux reflex, avec pour avantage sa compacité et sa qualité d'image parfois citée comme presque équivalente à celle des Nex, et comme inconvénient les tarifs haut placés ; d'autre part la réaction de Canon qui devient le grand absent du secteur et qui annonce un évènement début novembre 2011.

Je pense personnellement que la descente en taille des capteurs d'hybrides, illustrée par Pentax puis maintenant Nikon, risque de provoquer un retour de flamme au niveau des compacts experts. Ceux-ci devraient bénéficier des progrès des capteurs et des électroniques développés pour les petits hybrides et devenir encore plus séduisants par leur aspect tout-en-un. Canon possède avec les G12 et S100 un duo redoutable sur les compacts experts, aptes à séduire les amateurs avancés tout comme les novices voulant prendre du galon.
À trop vouloir fragmenter, les différentes niches de produits ne peuvent attirer suffisamment de clientèle ou se recouvrent partiellement.

Sources