Le rapport 2011 (lien PDF
direct) de l'Observatoire des Professions de l'Image commente les chiffres
officiels 2010 du marché de la photo et de l'image en France et dans le
monde, en voici une compilation de citations.
Après dix années de pratiques décomplexées vis-à-vis des traditions
de l’argentique, une large majorité de la population française surfe sur les
usages connectés tout en nourrissant une véritable passion pour ce mode
d’expression personnel. En oubliant largement au passage la dimension
patrimoniale et mémorielle dans laquelle s’inscrit toute pratique photo
amateur.
Les images se consultent désormais davantage sur écran que par tirages
massifs remplissant des boîtes de chaussures. Cela ne va pas sans soulever
quelques questions pour l'avenir.
(…) les services d’impression Fine Art et le marché des albums
convoquent toujours plus les codes culturels hérités de la tradition (livre,
tirage d’art) pour générer une valeur ajoutée maximale. Cette dynamique de
marché est vertueuse, laissant pour le moment de côté la dimension patrimoniale
des milliers d’images enregistrées par les familles et dont la pérennité
numérique reste hasardeuse pour la majorité.
La fonction de la photographie a changé, ajoutant à ses usages habituels la
mise en scène de la vie sociale sur les réseaux.
(…) le régime d’hyperpartage incite à avoir recours de plus en plus
fréquemment à la prise de vue — pour permettre d’exister socialement sur les
réseaux — tandis que se renforce un désir de subjectivation du réel grâce à
l’enregistrement de nos vies au quotidien. Ces besoins, (…) s’ajoutent [à]
ceux, plus traditionnels, de la photo mémorielle et familiale.
Ces usages en ligne dont la vitalité ne cesse de croître
s’accompagnent d’un renchérissement de l’intérêt pour la photographie physique
: albums personnalisés, impressions sur supports Fine Art, expositions grand
public au sein d’événements et festivals chaque année plus
nombreux.
Le volumique est définitivement remis en cause (par l’usage des
écrans) au profit de l’unique.
Au-delà des services, le matériel connaît un phénomène remarquable : le
marché se maintient alors qu'il est à maturité (ou saturé).
Pour les compacts, nous sommes passés successivement d’un marché
d’équipement (2000-2007) à un marché de multi-équipement (2007- 2009) et nous
entrons dans une phase de renouvellement.
L'innovation technologique et le rôle statutaire de l'appareil photo
programment son obsolescence.
(…) la durée de vie moyenne d’un compact avant son remplacement (…)
: de sept années pour les compacts argentiques en 2000, (…) se réduit à 2,4
années en 2010.
Si la "quête de qualité" des consommateurs est mise en avant dans le
rapport, certaines innovations poussent au renouvellement du parc
d'appareils.
(…) le mode vidéo full HD au rendu «cinématographique» a
définitivement été plébiscité, tant par les amateurs que par les
professionnels.
La crainte de la cannibalisation de l'appareil photo par le téléphone mobile
semble écartée, les photographes étant adeptes du multi-équipement.
Entre qualité et ubiquité, le consommateur joue déjà la
complémentarité.